Histoire du scoutisme marin

croix marine Notre Histoire se confond avec celle du Scoutisme terrien puisque le fondateur, Robert Baden-Powell, a passé son enfance à pratiquer la voile avec ses frères.
Sans nul doute, les expériences qu'il a vécues et racontées dans ses nombreux livres ont formé peu a peu sa personnalité , mais aussi le Scoutisme.

Son grand-père, William Henry Smyth, était Amiral.
Un autre de ses ancêtres, John Smyth, explorateur, avait traversé l'Océan et sillonné la Virginie, alors un territoire inexploré.
De telles origines forment au sein d'une famille un esprit propice pour encourager les héritiers à tenter des expériences courageuses et audacieuses.
C'est ainsi que la mère de Robert l'autorisa à accompagner Warington, l'ainé des Baden Powell et navigateur endurci, dans de passionnantes expéditions, où l'Aventure était toujours au rendez-vous.
"Nous remontâmes un jour la Tamise aussi loin que nous pûmes jusqu'a ce que la rivière devint ruisseau, puis source et trop petite pour nous porter.
De la nous portâmes notre bateau par dessus une colline et le remires à l'eau dans un ruisseau qui coulait en sens contraire.
Le ruisseau grossissant devint riviere.
C'était l'Avon qui nous amena à Bath et a Bristol.
Puis nous traversâmes la puissante Severn et continuâmes notre croisière en remontant la Wye de Chestow jusque chez nous, le Pays de Galles.
Nous campions en plein air la nuit, faisions notre cuisine, achetant nos provisions dans les fermes ou les villages rencontrés en chemin, ou pêchant notre poisson.
Chaque fois c'était une fameuse Aventure !"

Son frère construisit bientôt, avec quelques amis du métier, son propre bateau, un cotre aurique de 10 tonneaux.
"C'était le plus beau bateau que le monde ait jamais vu, du moins c'est ce que nous pensions et, réellement, il n'était pas mal.
Nous le prenions dès que nous pouvions avoir des vacances, à n'importe quel moment de l'année, sur n'importe quelle côte d'Angleterre !
Nous apprimes non seulement la navigation et le pilotage, mais encore à ferler les voiles, à gréer, à peindre, à récurer le pont, à nettoyer, à charpenter ...
Et puis naturellement nous devions savoir cuire, comme nous devions savoir manger."

"Nous étions assez bons a la nage...
Je me souviens qu'en levant l'ancre dans Haslar Creek, un jour, la patte se prit à une chaine d'amarrage au fond de l'eau.

- Que faire?

- Louer un scaphandrier pour aller la décrocher ?
Nous ne pouvions nous le payer.
Couper le cable et perdre l'ancre?
Nous ne pouvions nous le permettre.

- Aussi mes frères se déshabillèrent et plongèrent par-dessus bord, descendirent le long du cable, restèrent longtemps sous l'eau, réapparurent comme des phoques pour se remplir les poumons d'air et plongèrent à nouveau.
Cela se répéta plusieurs fois, mais enfin Ils réapparurent avec de larges sourires.
Tout allait pour le mieux !...
Pendant ce temps, ma tâche avait été de faire du cacao chaud et de préparer les serviettes éponges tièdes et bientot nous étions en route sans plus penser à nos malheurs .
Oui ! Portsmouth Harbour, avec ses criques de Haslar, était un de nos coins favoris.
Il fallait voir comme nous faisions les fous à 8 heures pour saluer le drapeau et, au coucher du soleil, pour sonner la retraite !"

"Quand les clairons des vaisseaux de guerre retentissaient, nous soufflions dans nos sirènes et éxécutions de surprenantes imitations de leur cérémonial traditionnel.
Quelle joie chez nos voisins, les matelots, quand nous sonnions le rassemblement pour recevoir notre Capitaine Warington, quand Il s'en revenait à bord au retour d'une éxpédition sur la terre ferme, où Il avait acheté des oeufs frais et des choux !"

"Et quelles merveilleuses parties de pêche en mer, tandis que nous voguions lentement à la voile de misaine, au large des iles de Farne !"

"Malheureusement pour nous autres, Warington, le Capitaine, eut l'idée que nous pourrions faire fortune un jour en sauvant un navire en détresse .
Aussi, chaque fois qu'il venait un grain, au lieu de se tapir confortablement et de s'arranger le mieux possible dans un port, Il tenait absolument à se mettre en route et à rester en pleine mer.
Nous ne sommes jamais parvenus à sauver personne, bien que nous fussions plus d'une fois très près d'avoir besoin d'être sauvés nous mêmes."

Ces quelques scènes relatées par Baden-Powell montrent bien son attachement à la mer et expliquent l'intéret très vif qu'il montra à l'égard du Scoutisme marin.

La tâche de s'occuper de cette Branche revint au "Capitaine" des jeunes années, Warington.
Grâce à ses talents, une très rapide extension du mouvement s'opéra, tant en Angleterre que dans tous les pays où le Scoutisme se répandait.
Pour se donner une idée de la passion de fervante qui saisit alors l'Angleterre pour les "Sea Scouts", on note que Baden Powell dirigea avec son frère un camp nautique, peu après celui de Brownsea Island en 1907, avec là aussi une vingtaine de garçons...

suite de l'histoire du scoutisme marin



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