retour vers l'histoire du scoutisme marin

Sept ans plus tard, à l'occasion malheureuse de la guerre de 1914, le War Office dénombrait 30000 Scouts marins et leur attribuait la charge de garde-côtes.
Mais laissons Henri Van Effenterre (Professeur à la Sorbonne, historien du Scoutisme et chef du Jamboree de Moisson en 1947) nous raconter cet épisode.

"Des le début d'aout 1914, les Boy-Scouts anglais tenaient avec honneur de servir leur pays.
Dans une espèce de mobilisation spontanée, ils s'offraient pour les secours aux blessés, la lutte contre le sabotage et le dépistage des espions, le transport des messages, l'aide aux populations civiles.
Ils allaient se montrer dignes des Cadets de Mafeking et, en tous cas, ils étaient prêts à leur poste de service bien avant certains Territoriaux britanniques...

Pendant toute la guerre, ils participèrent aux grandes onganisations de secours, à l'entretien des jardins des mobilisés aux campagnes nationales de ramassage des vieux papiers et des marrons, à l'exclusion de toute action spécifiquement militaire.
Lord Kitchenen s'opposa toujours à ce que les Scouts intervinssent en tant que tels et en corps constitué dans le combat.
Mais c'est par dizaines de milliers que d'anciens Scouts furent mobilisés dans toutes les unités du front occidental.
Plus de onze mille d'entre eux ne devaient pas revenir et, parmi eux, certains des meilleurs collaborateurs de BP, comme le Capitaine R.Phillips qui fut tué sur la somme en 1916.
De simples mousses parfois se couvrirent de gloire, tel John Cornwell qui périt au Jutland sur le Chester, méritant la Victoria Cross.

Un corps de garde-cotes fut crée dès 1914 plus de 30000 scouts marins y furent mobilisés durant les cinq années de la guerre et prirent leur part de ces interminables et fastidieuses veillées sur les côtes, qui devaient interdire aux sous-marins de venir déposer ou rechercher des espions."

C'est seulement en 1923 que l'on voit en France les premiers scouts marins, dans le Groupe saint Louis à Paris, dont le Chef était Edouard de Macedo et l'Aumonier le Chanoine Cornette, précurseur du Scoutisme dans l'Hexagone.

Le père Sévin Ailleurs, des Unités se formaient, comme le Clan  saisonnier de Rennes que dirigeait alors une autre figure illustre du scoutisme, le Pere Jacques Sévin.
A ses cotés, partageant les responsabilites du Clan, oeuvrait Paul Renault, dont l'efficacité et le dévouement devaient se révéler encore plus dans une grande société de sauvetage en mer, "Les Hospitaliers sauveteurs Bretons", qu'il dirigea .
Dès les débuts des Scouts de France, un Commissaire marin fut nommé en la personne de Raymond Schlemmen, qui appartenait par ailleurs a la Croix Rouge Internationale.
Raymond Schlemmen fut le véritable fondateur du Scoutisme marin en France.
Il devait rester en poste au Quartier Général des SDF (Scouts De France) jusqu'en 1952.

Les Unités se lancaient: en Méditerranée, Montpellier abritait des Routiers marins, Toulon connaissait sa première Troupe marine, avec pour chef Pierre Grimaud à Marseille, l'Abbé Legne créa une Troupe marine dont les Chefs furent Jean card et Théophile Lombard.
Cette Troupe eut l'honneur d'embarquer régulièrement l'Evêque de Marseille qui montrait ainsi son intéret pour les Scouts marins.

En 1938, les Scouts marins de Marseille reçurent un merveilleux cadeau, marque de la confiance qu'on mettait en eux :
un cotre à tape-cul en très bon état, construit en 1864 en Angleterre, sur lequel la Troupe navigua pendant un an avant de la confier, à l'annonce de la guerre de 1939, à l'Ecole de la Marine Marchande.

Partout ou un plan d'eau est utilisable, des Unités de Scouts marins voient le jour:
Brest, Quimper, Paris et la Région Parisienne, Le Creusot , Angers, le Mans...
Raymond Schlemmer devait coordonner tout ce dynamisme et veiller à former les Chefs.
Sous son impulsion, les SDF achètent un beau cotre breton qui sera baptisé "La Montjoie" et servira comme navire-école a Quimper et a la Trinité carriere s'achevera malheureusement dans un bombardement pendant la guerre.

En 1937, toute une équipe, composée en particulier de Louis-Marie Renaud Commissaire de la Marine, du Commandant Maurice Durrande et de Raymond Schlemmer, réalise un remarquable manuel
de Scoutisme marin qui connut dès sa parution un très grand succès qui lui valu notamment huit réeditions successives .
Ce manuel, "Embarque... Garcons", est alors unique en son genre et se répand bien au-dela du Scoutisme.
Ce petit livre, que l'on peut compter parmi les chefs-d'oeuvre du Scoutisme contribua à l'épanouissement rapide du Scoutisme marin.
Epanouissement que l'on doit aussi à la Marine Nationale, n'a jamais cessé d'aider le Mouvement lui prétant son concours , lui procurant des embarcations, conseils et assistance.

Pendant la guerre et l'occupation , la Gestapo contraignit les Mouvements de Jeunesse à cesser leurs activités, ce qu'ils ne firent pas, continuant dans clandestinité leur oeuvre auprès des jeunes.
En Méditerranée, jusqu'à l'automne 1942, les Scouts marins continuèrent leurs activités, participant notamment au grand pélerinage du Puy, où leur présence fut très remanquée.

A Paris, le Groupe Charcot perd dans un bombardement, sa base c'était un trois-mats stationné au Point Jour et qui avait servi d'Ecole de Mousses.
A Angers, Pierre-Yves Labbé, alors Chef des Scouts marins, s'engage dans la Résistance, communiquant la flamme à sa Troupe qui oeuvra dès lors dans la clandestinité, ce qui lui valut d'être décoré à la Libération .

suite de l'histoire du scoutisme marin



[menu general] [navigation] [meteo]
[marees] [manoeuvres] [nous contacter]
sufmarins1rbt@multimania.com